Studio Begnini

LE TARBOUCHE. QUAND UN ACCESSOIRE DEVIENT SYMBOLE
Œuvres de Mouna Rebeiz

Commissaire : Roberta Semeraro et Chiara Squarcina

du 20 mai au 8 novembre 2026

Musée du Palais Mocenigo – Centre d’Études d’Histoire du Tissu, du Costume et du Parfum
Venise, Santa Croce 1992

Venise, Santa Croce 1992

En collaboration avec l’Association culturelle RO.SA.M

COMMUNIQUÉ DE PRESSE n° 4 du 4 Juin 2026

Le Musée du Palais Mocenigo – Centre d’Études d’Histoire du Tissu, du Costume et du Parfum, présente LE TARBOUCHE. Quand un accessoire devient symbole, exposition personnelle de l’artiste libano-canadienne Mouna Rebeiz, organisée par Roberta Semeraro et Chiara Squarcina.

L’exposition réunit plus de trente œuvres consacrées au tarbouche, ce couvre-chef masculin traditionnel répandu dans le monde islamique dès le XIVe siècle, réinterprété ici comme un élément iconique et symbolique au sein d’une réflexion contemporaine sur la représentation du féminin, de l’identité et de la mémoire culturelle. Sa peinture qui dialogue avec la grande tradition figurative européenne et sa sensibilité contemporaine permettent à Mouna Rebeiz de transformer cet accessoire historiquement lié au masculin en un signe visuel puissant, qui interroge les rôles de genre et les interactions culturelles entre Orient et Occident.

Ce couvre-chef, traditionnellement porté par les hommes, signe d’appartenance sociale et culturelle, est ici réinterprété, transféré sur de monumentales figures féminines ; il devient de fait un élément symbolique et joue un rôle central dans la construction de l’image picturale. De cette manière, l’artiste fait dialoguer classicisme et contemporanéité, tradition et identité, et propose une lecture visuelle de l’essence de « l’être femme » dans la société actuelle.

Mouna Rebeiz s’est formée à la Sorbonne et travaille à l’international. Au fil des ans, elle a développé une technique picturale raffinée qui s’inspire des grands maîtres de la Renaissance et du Baroque pour réinterpréter la monumentalité et la construction plastique des figures dans une perspective contemporaine. Dans les œuvres présentées au Palais Mocenigo, les corps féminins – souvent empruntés à l’iconographie classique des Trois Grâces – offrent une présence sculpturale et sensuelle alors que le tarbouche s’inscrit comme élément symbolique de la composition, permettant de réécrire l’histoire et ses représentations à travers un regard féminin conscient et actuel.

En 2015, dans le cadre de sa recherche sur le tarbouche, Mouna Rebeiz a invité une quarantaine de designers et de créateurs internationaux à réinterpréter ce couvre-chef emblématique à travers leur propre langage créatif. Stylistes et artistes ont travaillé sur le tarbouche et l’ont restitué à la contemporanéité, le transformant en un objet expérimental qui entremêle mode, art et design. L’exposition présentera quinze créations nées de ce projet. Parmi elles, des contributions de maisons et de designers internationaux de tout premier plan comme Nathalie Rykiel pour Sonia Rykiel, Marni, Jimmy Choo, Paola Caovilla pour Renée Caovilla, Zaha Hadid et d’autres acteurs de la création contemporaine. Ce dialogue entre peinture et design renforce encore la signification du tarbouche : d’accessoire traditionnel, celui-ci se mue en un symbole universel capable de traverser les cultures, les langages et les disciplines. Le Palais Mocenigo est le lieu idéal pour cette rencontre entre art, mode et histoire du costume, puisque le musée est précisément consacré à l’évolution du vêtement et de l’identité sociale. Les œuvres dialoguent avec le lieu historique et ses collections permanentes, donnant vie à de nouvelles lectures et de nouvelles connexions.

En outre, sa rencontre avec un couvre-chef ducal vénitien particulièrement rare, conservé dans les collections des Musées civiques de Venise, a inspiré à l’artiste des œuvres conçues spécifiquement pour l’occasion. Cette intervention, inédite, introduit un nouveau niveau de lecture entre l’histoire du costume, les symboles du pouvoir et la relecture contemporaine de l’identité. Elle renforce le lien entre la recherche picturale de Mouna Rebeiz et le contexte historique de Palais Mocenigo.

À l’occasion de l’exposition, un ouvrage consacré au projet sera également publié par Maretti Editore. L’exposition, qui bénéficie de l’apport critique de Roberta Semeraro, engagée depuis de nombreuses années dans l’étude des questions liées à l’identité et à la représentation du féminin dans l’art et dans l’histoire, est commissariée par cette dernière en collaboration avec Chiara Squarcina, Directrice scientifique de la Fondazione Musei Civici di Venezia.

La collaboration entre Mouna Rebeiz et Roberta Semeraro, centrée sur l’exploration des langages archétypaux et sur la recherche de cette identité collective qui risque de se perdre à l’ère du transhumanisme, se poursuivra avec l’exposition L’Indovino (Le Devin), qui ouvrira ses portes au public le 10 septembre 2026 au Musée national étrusque de la Villa Giulia à Rome.

 

INFORMATIONS

Titre : LE TARBOUCHE. QUAND UN ACCESSOIRE DEVIENT SYMBOLE – Œuvres de Mouna Rebeiz

 

Lieu : Musée du Palais Mocenigo, Venise

Santa Croce 1992, 30135 Venise

Horaires : 10h00 – 18h00 de mardi à jeudi et dimanche (dernière entrée à 17h00)

10h00 – 20h00 vendredi et samedi (dernière entrée à 19h00). Fermeture: le lundi